Mind Opener

UNE JOYEUSE CRÉATION-PERFORMANCE
SUR L’IMMORTELLE MORT DU MONDE
DE ROBERT FILLIOU

 

Présentation

Mind Opener est une pièce chorégraphique contemporaine. Le générateur de cette création est une étrange partition visuelle de théâtre aléatoire L’immortelle mort du monde, écrite par l’artiste Robert Filliou en 1960-61. Elle met en scène le jeu des rencontres imprédictibles – entre ordre et désordre infinis, dans la vie courante. Jamais présentée en France à ce jour cette partition avait été dédiée par Robert Filliou à son ami Daniel Spoerri, autre artiste bien connu pour ses Tableaux pièges et ancien danseur. À la fois simple et complexe cette pièce porte en elle des situations intenses, des gags, l’émotion, et la philosophie y est pratiquée comme un jeu d’enfant. L’immortelle mort du monde se présente en effet comme une forme ludique dont la structure visuelle de base est un échiquier coloré.

Dans la présente version, en Mind Opener – ouvre esprit, les écritures multiples, chorégraphiques, visuelles, poétiques, sonores, sont tissées ensemble, se répondent s’affrontent, se modifient, faisant circuler l’énergie dans d’imprévues bifurcations obéissant à ce moment au seul génie du lieu. Valentine Verhaeghe chorégraphe et performeuse a développé singulièrement un travail de croisement avec les artistes co-créateurs apportant leurs propres univers.

Les artistes

Julien Blaine
Poète et artiste. Fondateur de la revue internationale Doc (k) s en 1973, des rencontres internationales de poésie de Tarascon en 1988, du Centre international de Poésie de Marseille en 1989, il explore depuis trente ans toutes les voies de diffusion de la poésie visuelle et performatrice à travers de nombreuses publications.

Cédric Doutriaux
Artiste interactif, créateur multimédia. Il réalise de nombreux projets en France ou à l’étranger, des installations interactives nomades et participatives où, paysage, sons, actions, images vidéo, poésie sont convoqués.

John Giorno
Poète et performeur new-yorkais, John Giorno est l’un des acteurs de la contre-culture américaine des années 1960. Proche du mouvement «beat» et de William S. Burroughs, J. Giorno est une personnalité influente de la poésie du XXe siècle. Il est l’initiateur de la poésie-performance à New York et a contribué à élever le « Spoken Word » au rang d’une forme artistique majeure. John Giorno a rencontré Robert Filliou à NY dans les années soixante, ils partageaient un intérêt commun pour la méditation bouddhiste.

Rosine Feferman
Contrebassiste. A joué dans différents contextes, de jazz, chansons, musiques traditionnelle d’Europe de l’est et des Balkans. Compose et improvise depuis plusieurs années avec de nombreux artistes : Bobby Few, Jac Berrocal, Lê Quan Ninh, Maggy Nichols, Roger Turner.

 

Masahiro Handa
Artiste plasticien et vidéaste japonais. Il développe ses vidéos collages et ses installations à partir de la question de la relation de l’espace et de l’image. Sa conception de l’activité de l’artiste inter-média l’a conduit à coordonner des événements artistiques notamment sur le cinéma expérimental japonais ou la danse Buto et des expositions en relation avec la création contemporaine.

Adrienne Larue
Dirige la Compagnie Foraine devenue Cirque Larueforaine – cirque atypique, initie une série de créations contemporaines qui rassemblent certains des premiers artistes du «nouveau cirque». De 1960 à 1967, à New York, à Paris et à Villefranche-sur- Mer, elle participe à de nombreuses actions de rue, happenings, performances, avec des artistes plasticiens, musiciens, poètes de la mouvance Fluxus tels que Robert Filliou, Jean-Jacques Lebel, Tingueli, Emmett Williams, Daniel Spoerri…

Joachim Montessuis
Développe depuis une dizaine d’années une pratique transversale autour de la poésie sonore, du son bruitiste et de l’image électronique. Il s’intéresse aux liens entre art, science et spiritualité, et tente de créer des contextes de brouillage et de débordements qu’il expérimente lors d’installationsconcerts. Il a travaillé en résidence dans les principaux centres d’art électronique européens (V2, KHM, Fresnoy) et a montré son travail dans de nombreux espaces alternatifs, musées et festivals internationaux.

Jeanne Poitevin
Metteur en scène de la compagnie Alzhar, une compagnie de théâtre expérimental, Marseille (F). Le projet de la compagnie est de proposer au public des moments de questionnement, dans une écoute de l’art contemporain, de l’art à venir, et d’interroger la présence scénique de l’acteur. Ses derniers questionnements portent sur l’itinérance.

Didier Silhol
Cofondateur de l’Association Danse Contact Improvisation, Didier Silhol enseigne cette technique et approche de la danse suite à sa rencontre avec Lisa Nelson et Steve Paxton en 1978. Comme chorégraphe, il travaille avec des musiciens et des plasticiens. Il organise des performances en France, au Canada, au Portugal, en Italie, ainsi qu’un festival de cinéma expérimental à Paris.

Li-ping Ting
Vit et travaille à Paris.depuis 1989. Comme artiste chorégraphe issue du théâtre expérimental, elle vagabonde au sein de l’art par le mouvement, l’action ou la performance entourée d’objets du quotidien, concevant, créant et performant des projets en interaction avec le public. Elle fait partie du collectif Topophonie, mouvement expérimental de recherche dans des lieux publics, co-organise des rencontres internationales et inter-disciplinaires In-Ouïr depuis 2004.

Valentine Verhaeghe
Dans une conception plastique du mouvement, ses travaux prennent formes multiples, écrivent les possibilités d’une esthétique de la vie courante, se réalisent sous formes de pièces investissant la scène, ou sous formes de performances, de livres d’artistes, d’images électroniques… Elle expérimente de nouveaux concepts, elle intègre l’idée de contexte dans toutes ses propositions, multipliant les créations en coopération avec d’autres artistes, poètes, écrivains, réalisateurs, chorégraphes, Michel Collet, Bob Lens, Joël Hubaut, Éléonore Bak, Gloria Massana, Philip Corner, Matthieu Messagier, Julien Blaine (…)

Presse

In « Mouvement.net », indisciplinaire des arts vivants

Mind Opener, création chorégraphique de Montagne Froide
Sur le damier de Robert Filliou

La chorégraphe de Montagne Froide, Valentine Verhaeghe, réunit des créateurs de différentes générations pour créer une « pièce aléatoire » de Robert Filliou, jamais présentée en France. Après Dijon, à voir à Besançon, les 11 et 12 mai.
Vingt ans après la disparition de son auteur, Montagne Froide réactive L’immortelle mort du monde de Robert Filliou. L’enjeu est de taille et la réponse à sa hauteur.
L’enjeu ? Démontrer qu’il est aujourd’hui possible de faire oeuvre collective et que la logique du réseau développée par le concepteur du Do it reste vivace, que son héritage a essaimé et est développé ici par chacune des personnalités accompagnant la chorégraphe Valentine Verhaeghe dans cette création. Jamais présentée en France, cette pièce de théâtre aléatoire conçue en 1960 par Robert Filliou a visuellement la forme d’un damier coloré, un plateau de jeu doté d’une règle. Ce collage dédié à Daniel Spoerri marque dans l’oeuvre de Filliou la transition vers une ouverture à l’expression plastique. Cette partition, établit comme système de base le principe de l’interaction en créant des possibilités de réponses combinées.
Dans la représentation donnée à voir en création dans le cadre du Festival Art Danse à Dijon, le système général de L’immortelle mort du monde est conservé. Dans cette partition simple et complexe, le jeu ouvert à portée philosophique est lancé par la question : « Que faisons-nous ici ? » ; interrogation à laquelle les performeurs répondent tour à tour par une déclaration commençant par : « Je suis venu ici pour … ».

Neuf interprètes (danseurs, poètes, performeurs) sont en scène, la place du dixième revenant à la vidéo et au son. En effet, c’est un système interactif qui est proposé par les artistes réunis pour Mind Opener. Ainsi la diffusion des vidéos, qui est générée par la présence et les relations des danseurs et des performeurs entre eux, est aléatoire ou prédéterminée. Cette version de la pièce usant des moyens technologiques de 2007 est fidèle à l’esprit de Filliou qui souhaitait faire de la poésie avec un ordinateur. Loin de la normalisation de certains spectacles, Mind Opener relève le défi de dépasser les définitions de la danse et de proposer l’interprétation de cette partition avec des créateurs de différentes générations, réunissant des amis de Robert Filliou comme les poètes John Giorno et Julien Blaine et de jeunes artistes, présentant ainsi sur le plateau l’image d’une humanité diverse. L’émotion vient de cette proximité avec l’esprit de Filliou dans un spectacle où la danse, en lien dynamique, établit un échange avec les autres arts. Se lit en filigrane, l’histoire d’une amitié : celle de Robert Filliou, de Daniel Spoerri – qui fut danseur – et d’Emmett Williams ; Spoerri qui lança Filliou sur l’échiquier artistique et Williams qui imaginait que l’âme de son ami Robert s’était réincarnée en un insecte, comme l’évoque Julien Blaine dans son texte narrant les derniers instants de l’artiste.

Astrid GAGNARD, Publié le 03-05-2007

Mind Opener / Forme chorépoétique de Valentine Verhaeghe, en co-création avec Julien Blaine, John Giorno, Adrienne Larue, Jeanne Poitevin, Yolaine Schmitt, Didier Silhol, Liping Ting. Vidéos : Masahiro Handa. Sons: Joachim Montessuis, Rosine Feferman, programmation Cédric Doutriaux, Julien Pauthier. Textes de R. Filliou, J. Blaine, J. Giorno, J. Poitevin

Spectacle créé les 30 et 31 mars 2007 à Dijon, dans le cadre du festival Art Danse Bourgogne. Prochaines représentations au Théâtre de l’Espace Scène Nationale, Besançon, les 11 et 12 mai 2007